Cette appellation désigne tout les agents vivants et non-vivants qui nuisent au développement des arbres. On pourrait comparer les agents biotiques à certaines maladies chez l’humain, et les agents abiotiques aux facteurs de risque qui prédisposent l’homme à ces maladies: sédentarité, malbouffe, tabagisme, environnement pollué, hérédité etc. Ces facteurs ne causent pas de maladies si on y est exposé temporairement: par contre, si on les combinent ensemble et qu'ils affectent notre corps sur une base régulière , ils contribuent à son dépérissement et préparent le terrain pour la maladie, d’où la notion de prédisposition.

Aussi appelées à cet égard facteurs prédisposants, les perturbations abiotiques sont plutôt inoffensives et, temporairement, leur action ne nuiront pas vraiment au développement des arbres. Mais lorsqu’elles interviennent toutes en même temps et que leur action est permanente, ce qui est malheureusement le cas pour la plupart de ces perturbations en milieu urbain, elles induiront progressivement un état de dépérissement chez les sujets exposés.

Cet état de dépérissement se traduira par une baisse de la production des tissus vivants produits par les arbres (cambium, feuilles, bourgeons, cals cicatriciels, bois, rameaux, branches et racines) et donc, par une diminution de leur capacité à assurer leurs différentes fonctions vitales.

Au fil du temps, si aucune action n’est posée pour le renverser, l’arbre perd sa vigueur et son immunité, donc sa capacité à se protéger par différents mécanismes, et sera la proie des perturbations biotiques, insectes et maladies, contre lesquelles toute lutte est généralement vaine.

Leur action, combinée à celles des perturbations abiotiques toujours présentes, précipiteront l’arbre vers le déclin, ouvrant la porte à d’autres perturbations biotiques, les champignons, pathologies spécifiques aux individus en déclin, et ne s’attaquant donc pas à la régénération présente dans les environs. Leur rôle est d’accélérer le processus de transformation de la matière ligneuse en matière organique, qui elle-même joue un rôle essentiel dans la croissance des végétaux.

Pour les arbres, le milieu urbain est un véritable désert, où les conditions de vie sont aux antipodes de celles de leur forêt originelle, car le milieu urbain est truffé de perturbations abiotiques.

En effet, le sol des villes est souvent inerte, pauvre en matières organiques, compact, sec et mince, en plus d’être recouvert de gazon. En plus, comme beaucoup de ses surfaces sont imperméables, peu d’eau irriguent les racines des arbres. Toutes ces conditions réunies causent un stress hydrique majeur et préjudiciable pour les arbres, même à court terme.

 

 

Les matières particulaires et autres polluants en suspension (ozone, dioxyde de soufre et d’azote, monoxyde de carbone et COV) nuisent à différentes fonctions vitales des arbres.

Les sels de déglaçage causent d’importants dommages aux bourgeons des arbres. Le vent accentue l’évapotranspiration, ce qui déshydrate les arbres, et rend l’enracinement des jeunes arbres plus complexe.

L’ensoleillement excessif est nuisible au développement de certaines essences et cause dans bien des cas de l’insolation: ce type de blessure cause une nécrose du cambium des tissus exposés au soleil et entraine généralement des complications importantes.

Les défauts d’élagage humains et naturels, les différents manquements lors de la plantation et les mauvaises pratiques en émondage causent très souvent des blessures importantes aux arbres.

La culture du gazon est aussi une importante problématique pour les arbres de la forêt urbaine : nos pratiques pour son entretien passent souvent par l’utilisation d’engrais chimiques très nocifs et beaucoup trop concentrés pour les arbres. L’usage des herbicides et des pesticides associés à sa culture empoisonnent les arbres et stoppent l'activité biologique dans le sol, causant ainsi l'exode de la biodiversité présente dans le sol.

 

Malheureusement, les insectes, bactéries et champignons présents dans le sol minéralisent les éléments nutritifs dont dépendent les arbres pour assurer toutes leurs différentes fonctions vitales, et l'utilisation de tous ces produits détruit donc cet écosystème souterrain essentiel à la survie des arbres.

Toutes ces perturbations abiotiques du milieu urbain, puisque combinées et agissant de manière permanente, induisent l’état de dépérissement et compliquent le développement des jeunes arbres plantés dans ce milieu, à un point tel que certaines études ont démontré que l’espérance de vie moyenne des Érables de Norvège en milieu urbain ne serait que de 4 ans.